Yoon Wi #3 : Rencontre avec Yaye Souadou

Yoon Wi #3 : Rencontre avec Yaye Souadou
3 juillet 2017 makesense africa

D’étudiante à entrepreneure, Yaye Souadou montre la voie aux jeunes qui veulent agir.

Dans cet épisode, Yaye Souadou Fall,  jeune femme sénégalaise de 22 ans, est déjà dirigeante de son entreprise. A seulement 20 ans et les poches vides, elle s’associe à 6 de ses camarades de classe pour relever ensemble un défi environnemental de taille : trouver une application utile aux milliers de pneus abandonnés dans les rues, nids de maladies et de pollutions. 

En deux ans, une étudiante sénégalaise a créé une entreprise de broyage de pneus usagés.

On dit souvent que la jeunesse a le pouvoir de construire le monde de demain. A condition d’avoir les outils et les planches. La bonne nouvelle, c’est que cela est désormais de plus en plus possible avec la démocratisation d’internet : de nombreux jeunes ont la possibilité d’apprendre, d’échanger et de créer sur des thèmes qu’ils ne maîtrisent pas forcément. Alors, lorsque les écoles accompagnent ces jeunes dans leurs projets d’entreprises, les résultats peuvent devenir épatants.

Yaye Souadou est alors étudiante en école de commerce à l’ISM de Dakar, experte en gestion, logistique et comptabilité mais désarmée de compétences techniques. En plus de devoir écrire un business plan, le défi est maintenant de savoir que faire de ces pneus.

Comment inventer de nouveaux produits à partir de vieux pneus usés ?

La fine équipe d’étudiants trouve la réponse après plusieurs semaines à chercher sur le web: un pneu broyé peut se transformer en une nouvelle matière à fort potentiel. Pour tester leur découverte, le groupe décide d’utiliser un outil pour le moins rudimentaire: un hachoir à viande. Après des résultats concluants, les idées d’usages fourmillent dans leurs têtes : ils décident de créer des carreaux utilisables comme revêtements de sol pour les terrasses, trottoirs ou aires de jeux. La start-up E-cover vient de naître.

Comme eux, nombreux sont les étudiants suivant des formations dans les écoles supérieures d’Afrique de l’ouest et ayant les compétences intellectuelles nécessaires au montage de projets d’entreprises. De plus en plus d’écoles l’ont d’ailleurs compris et donnent cette opportunité aux étudiants volontaires. Pour les plus curieux et déterminés, c’est un excellent moyen de développer les capacités nécessaires pour relever les défis de l’entrepreneuriat.

Financer son projet : la plus grande interrogation des jeunes

La question des fonds est surement l’une des plus grandes interrogations pour les jeunes qui ont soif d’entreprendre: comment prouver à des investisseurs que son projet est viable malgré sa jeunesse et son manque d’expérience? Les écoles n’ont souvent pas de réponse à leur donner. Souadou et son équipe ont essayé le crowdfunding, et ont dû essuyer le premier échec de leur jeune carrière. Il en fallait plus pour les démobiliser. Cette chute leur a tout de même permis de fédérer une communauté d’individus qui leur ont ouvert de nouvelles portes. De fil en aiguille, Souadou participe à de nombreux concours locaux et internationaux. En 2016 à l’Anzisha Prize, elle remporte 15 000 dollars : le projet prend une autre dimension (1). Et cette ascension n’est pas le fruit du hasard : son opportunisme, son aisance à l’oral aussi bien en français qu’en anglais, sa détermination, son sourire, et son insouciance ont touché les gens et hissé la start-up e-cover au rang de véritable entreprise. L’équipe est encore aujourd’hui constituée de 4 étudiants (2), et de techniciens.

La première usine vient de voir le jour dans une zone défavorisée de la capitale et va permettre à l’entreprise de passer à l’échelle industrielle et poursuivre ses ambitions. Si la lumière de ce succès grandissant est tournée vers Yaye Souadou et son équipe, c’est d’abord son école qui a su faire émerger cette initiative. En proposant dans son cursus la possibilité de simuler la création de son entreprise depuis la formulation de l’idée jusqu’à l’écriture du business plan, l’école ose faire le premier pas et permet l’émergence d’initiatives concrètes. De plus en plus d’écoles comprennent l’intérêt d’une telle démarche. En espérant que de plus en plus d’établissements africains leur emboîtent le pas.

 

Article écrit par Les Ricochets

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