Yoon Wi

Rencontre avec Marina Gning

Episode Spécial: Api Afrique
4 avril 2017 Mamour Ly

YOON WI, sur le chemin qui a conduit Marina Gning à bâtir Api Afrique.

INTERVIEW Marina GNING: « Le conseil que je pourrais donner à tous les entrepreneurs, c’est de ne pas rester dans son coin »

Dans cet épisode, Marina Gning nous accueille chez elle à Ngaparou et partage avec nous son parcours entrepreneurial commencé il y a plus de 6 ans en France, et qui prend un nouveau tournant avec la création depuis Décembre 2016 d’ApiAfrique,qui conçoit, fabrique et commercialise des produits d’hygiène réutilisables au Sénégal.

Bonjour Marina, qui es-tu, quel est ton projet ?

Bonjour, je suis Marina Gning, co-fondatrice d’ApiAfrique.

J’ai un parcours plutôt atypique puisque j’ai travaillé 10 ans dans l’audiovisuel. J’ai eu ensuite envie de faire quelque chose qui avait plus de sens, et j’ai rencontré mon associée Jeanne-Aurélie. Un peu par hasard, nous avons discuté des couches lavables, produit que j’avais moi-même utilisé pour mes enfants, et on s’est rendu que c’était une super solution encore méconnue qui valait la peine d’être démocratisée. C’est dans ce cadre que nous avons créé une première entreprise, ApiNapi, qui distribue des couches lavables et autres produits d’hygiène réutilisables en France.

Depuis Décembre 2016, j’ai lancé ApiAfrique, une entreprise de conception, fabrication et distribution de couches et serviettes hygiéniques réutilisables au Sénégal. On s’est en effet rendu compte qu’il y avait un besoin énorme par rapport à nos produits au Sénégal, puisque les couches et serviettes hygiéniques disponibles sur le marché étaient de plus en plus des produits jetables, sans moyen de gérer les déchets liés, et qui étaient très souvent de très mauvaise qualité, avec des risques pour la santé, et qui coûtaient très cher.

Quelle est la mission d’ApiAfrique ?

La mission d’ApiAfrique, c’est avant tout la réduction des déchets et l’autonomie des femmes.

Sur la réduction des déchets : les couches et serviettes hygiéniques mettent jusqu’à 500 ans à se biodégrader. On sait qu’un bébé de la naissance à la propreté peut produire jusqu’à 1T de déchets par enfant, qui vont mettre 500 ans à se dégrader. C’est aussi 50 produits chimiques sur les fesses des bébés, et c’est la même chose pour les serviettes hygiéniques.

Le coté autonomie, c’est d’abord la création d’emploi mais c’est aussi proposer des produits réutilisables qui vont permettre de faire des économies sur le budget. ApiAfrique a vraiment pour ambition de changer la vie des femmes, en proposant des produits sains, confortables mais aussi des produits beaux. Avoir ses règles c’est normal et naturel, donc autant avoir des bons produits pour gérer ça et pouvoir en parler !

Ton déclic pour te lancer ?

Mon déclic principal a été de réaliser qu’il y avait un besoin non satisfait, notamment via ma belle-soeur sénégalaise qui a eu un bébé et à qui j’avais offert des couches réutilisables, et de se rendre compte que tous les 2 mètres sur la plage il y avait des couches jetables. La population augmentant, sans véritable solution de traitement des déchets, il fallait trouver autre chose !

Ton meilleur souvenir ?

Mon meilleur souvenir, je pense qu’il y en a plein, mais c’est surtout les rencontres et les partages avec les autres entrepreneurs sociaux ou les femmes avec lesquelles on travaille.

Et ton pire souvenir ?

Mon pire souvenir, je n’en vois pas car j’essaie toujours de rebondir. Je me dis que s’il y a quelque chose de pas bien qui arrive, c’est qu’il doit falloir changer d’orientation ou re-réfléchir à un élément du projet. Sur le coup ce n’est jamais agréable mais on essaie toujours de rebondir !

ApiAfrique dans 10 ans

Dans 10 ans, j’espère que les produits ApiAfrique pour les femmes et les bébés seront très utilisés au Sénégal, et que les gens y pensent tout autant qu’aux produits jetables. Et j’espère surtout qu’ApiAfrique aura fait des bébés un peu partout en Afrique, qu’on aura pu créer d’autres emplois, réduire considérablement les déchets et qu’on ne verra plus de couches sur les plages !

 

Ta plus grande source d’inspiration?

Ce sont avant tout les autres entrepreneurs sociaux, de les voir évoluer et de se dire : “ok ils ont fait ça, c’était un pari fou aussi, les gens les prenaient aussi pour des fous et ils ont réussi”, donc je me dis “ok allons-y !”. J’essaie de me nourrir tous les jours de me nourrir d’autres exemples d’entrepreneurs et d’en rencontrer un maximum.

Si tu avais 1 conseil à donner à de futurs entrepreneurs, quel serait-il ?

Le conseil que je pourrais donner à tous les entrepreneurs, c’est de ne pas rester dans son coin : toujours rencontrer de nouvelles personnes, faire partie de réseaux, se faire accompagner ! C’est de ne surtout pas se dire “j’ai mon idée, je la fais dans mon coin”, parce que tout seul on arrive à rien. Avec les autres, c’est beaucoup plus sympa, beaucoup plus efficace, on dépense beaucoup moins d’énergie et on a une action beaucoup plus grande.

Une autre entreprise que tu aurais aimé monter ?

Je suis également passionnée par tout ce qui est agroécologie et permaculture, donc si j’avais une autre entreprise à monter ce serait certainement cela.

Tu as déjà travaillé avec MakeSense. Peux tu nous dire quel a été l’apport pour ton projet ?

On a déjà pas mal travaillé avec MakeSense et j’espère que c’est pas fini ! En France on a travaillé sur l’organisation de notre réseau de conseillères. Ici au Sénégal on a travaillé sur la recherche de nom pour nos produits et sur la façon de diffuser nos produits d’hygiène féminine. C’est une équipe hyper dynamique, donc c’est un apport très important. C’est de l’énergie, des méthodes innovantes et des réseaux de gangsters hyper motivés, une très bonne expérience à renouveler !

 

Interview effectué par Alexandra Deon

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